Dans le cadre de notre événement “Letz go Equal in Digital”, nous avons interviewé Martine Kerschen, experte en gestion de Projet au Service Digital du Ministère de la Digitalisation.

Pouvez-vous nous parler de votre job ?

J’ai rejoint l’équipe du Ministère de la Digitalisation en tant que chargée de projet en juillet de l’année dernière afin de m’occuper de l’aspect de la participation citoyenne dans le cadre de la simplification administrative. L’objectif est de simplifier la vie (administrative) des utilisateurs en prenant en compte leurs besoins et leurs désirs.

Pour atteindre cet objectif, j’ai recours, entre autres, à la méthodologie du Design Thinking, qui stimule les innovations entre l’intersection, l’attractivité humaine et la faisabilité économique et technique – voire digitale. Le but de cette approche créative et itérative, centrée sur l’utilisateur, est de rassembler autant que possible des perspectives différentes autour d’une situation actuelle qui nécessite un changement. Dans ce contexte, une démarche isolée est toujours à considérer comme faisant partie d’un contexte global, responsable d’un événement de vie qu’il convient de considérer dans son ensemble.

La création d’une bonne expérience utilisateur nécessite donc la participation citoyenne. Afin de faciliter l’intégration du public dans ce processus, je suis notamment en train d’analyser la mise en place d’une plateforme de participation citoyenne dédiée à la simplification administrative.

Quel est votre parcours ?

Je suis diplômée en « design de produit » avec une spécialisation en « design de systèmes – man and systems », aujourd’hui plus connue sous le nom de « Service Design » de l’université Kassel, en Allemagne. Mes compétences principales consistent à concevoir et développer des solutions créatives centrées sur l’utilisateur dans des contextes complexes.

Après de courtes étapes dans le conseil aux entreprises et dans la recherche de tendances, j’ai terminé mes études par une thèse portant sur « L’avenir de la mobilité à Luxembourg-ville – expérience utilisateur et design de services », réalisée en collaboration avec Integrated Place. Cela m’a menée auprès de la société Sales-Lentz (SLA s.a) où j’ai été principalement responsable du développement de nouveaux services de mobilité, de la transformation numérique et du développement des produits existants, dont entre autres, Night Rider et flibco.com. En juillet 2019, j’ai alors intégré l’équipe du Ministère.

À première vue, ma formation semble particulière, voire extraordinaire en termes de choix de carrière. En effet, le terme « design » est souvent interprété ou perçu de manière traditionnelle et restrictive dans notre société. Mais le design est plus que l’apparence et l’esthétique d’un produit. Design signifie aussi planifier et concevoir à partir des désirs et besoins des utilisateurs, afin de faciliter leur quotidien et d’adapter leur environnement.

Comment voyez-vous la place des femmes dans l’IT ? Quel atout représentent-elles pour la digitalisation ?

Dans mon travail quotidien, je ne réponds à aucun stéréotype prédéfini. Je suis le porte parole des utilisateurs et je prends le rôle de tous les citoyens. Je suis convaincue que mes compétences et ma spécialisation sont décisives pour ma réussite professionnelle. Par contre, je suis persuadée que pour avancer dans la transformation digitale de la société, la prise en considération d’équipes hétérogènes de manière générale est primordiale : en ce qui concerne le sexe, mais surtout au niveau des compétences, intérêts, styles de vies, origines et bien plus.

En tenant compte du fait qu’actuellement dans le secteur des TIC (technologies de l’information et de la communication), la majorité des profils est masculine, le secteur représente un potentiel énorme pour des femmes spécialisées dans les différents domaines. Afin de créer des groupes de travail hétérogènes, il faut d’un côté, la présence d’assez de femmes compétentes et, de l’autre côté assez d’hommes émancipés qui reconnaissent que d’autres modes de pensée, d’autres compétences non-techniques, d’autres formes d’expression et d’autres points de vue représentent un enrichissement et une valeur ajoutée dans le monde du travail.

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